Ne dites plus F et G – Bruxelles acte la fin des passoires énergétiques
Le 27 avril 2023, le Gouvernement bruxellois a adopté le nouveau Plan régional Air-Climat-Énergie[1] (PACE). Ce plan a mis en évidence le levier important que constitue la rénovation du bâti bruxellois afin de permettre à la Région de tenir ses engagements climatiques. En 2019, le secteur du bâtiment représentait en effet 54 % des émissions directes de gaz à effet de serre de la Région[2].
Le 23 février 2024, le parlement bruxellois a adopté une ordonnance modifiant l’ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de l’Énergie en vue de mettre en œuvre la stratégie de rénovation du bâti (CoBrACE)[3].
Cette ordonnance s’inscrit dans la lignée du PACE et fait partie de la stratégie RENOLUTION du Gouvernement[4], laquelle vise, via la rénovation du bâti bruxellois, à permettre à la Région de Bruxelles-Capitale d’atteindre les objectifs de réduction des émissions régionales directes et indirectes de gaz à effet de serre qu’elle s’est fixée afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050[5].
Tenant compte de cet objectif, l’ordonnance prévoit notamment que :
- L’ensemble des logements bruxellois devront disposer d’un certificat PEB dans les 5 ans de l’entrée en vigueur de l’ordonnance ;
- En 2033, l’ensemble des logements disposant des indices PEB F et G – soit les indices PEB les plus bas – devront avoir été rénovés afin d’atteindre au minimum la classe E ;
- Les logements PEB D et E devront quant à eux avoir été rénovés dans les 20 ans de l’entrée en vigueur de l’ordonnance afin d‘atteindre au minimum la classe C.
L’ensemble du bâti bruxellois devra par conséquent avoir atteint la classe C dans les 20 ans de l’entrée en vigueur de l’ordonnance. L’objectif est clair : s’attaquer en priorité aux passoires énergétiques afin d’atteindre les objectifs climatiques mais, également, de lutter contre la précarité énergétique[6].
Ces objectifs sont louables. Le chantier à mener d’ici 2033 n’en sera pas moins conséquent dès lors que 41 % des appartements et 71,7% des maisons relèvent des indices PEB F et G[7].
En cas de non-respect de cette obligation de rénovation des titulaires de droits réels, en ce compris les associations de copropriétaires, des amendes pourront être imposées par Bruxelles Environnement.
Une requête de dérogation aux exigences à atteindre en matière de PEB pourra introduite auprès de Bruxelles Environnement, un an avant l’échéance de respect desdites exigences[8]. Seuls des critères de faisabilité technique, fonctionnelle et économique peuvent justifier l’octroi d’une dérogation aux exigences PEB[9].
Outre les mécanismes d’accompagnement et de financement à renforcer ou à créer afin de permettre aux propriétaires de se conformer à cette obligation de rénovation et à la législation d’atteindre son but, les autorités régionales devront également s’assurer de la capacité des administrations compétentes à absorber les demandes de permis d’urbanisme qui devront être introduites dans l’hypothèse où les travaux projetés ne pourraient se voir dispensés de permis en vertu de l’arrêté minime importance du 13 novembre 2008[10]. Une réforme de l’arrêté précité afin d’étendre les dispenses de permis d’urbanisme ou faciliter la procédure d’octroi desdits pourrait à cet égard s’avérer pertinente et sera certainement envisagée par la Région.